-Le vent criait et s'abattait d'une manière douce dans le feuillage des arbres fleuris. Le printemps, depuis peu, s'était à nouveau montré de façon réelle. Il faisait bon. Juste assez bon pour que les gens se décident enfin à sortir, à prendre l'air joyeusement.
A ce moment, personne ne se doutait qu'une menace était pourtant particulièrement proche...
... : A la tombée de la nuit, nous attaquerons... !
... : Bien.
Un peu plus loin, dans un petit village proche de la plaine de Konsen...
... : Aika, debout. Tu es chargée des corvées aujourd'hui.
Aika : Maman, pourquoi tu cries, j'suis juste à côté de toi...
Mère d'Aika : Aika ? Mais, alors, qui est...
Aika : Pooky est paresseux, maman...
Mère d'Aika : Je vois. Bon, réveille-le et allez faire un tour au marché. J'ai une liste de choses à te faire acheter.
Aika : D'accord...
Suite à un long soupire, la jeune fille réveilla son ami, un minuscule chat mesurant moins de dix centimètres, à la queue fine et aux yeux rouges dont la tête disproportionnée rappelait celle d'une poupée, pourtant animée. Comme chaque Humain, Aika avait reçu sa créature protectrice à sa naissance, et celle-ci devint rapidement ce qu'elle eut de plus précieux, un véritable ami.
Alors, très vite, le petit être, bien que difficilement, se leva et se percha sur l'épaule de la jeune fille qui le caressa. Puis ils prirent la route.
Il était près de dix heures, une heure où, déjà, le marché était particulièrement bondé. Et un inconnu y aurait vite fait de se perdre. Mais on n'avait pas tardé à apprendre à la fillette qu'on n'avait rien sans rien, qu'une aide était toujours la bienvenue et donc, qu'elle devrait s'habituer aux corvées, car elle en aurait régulièrement. Telle était la règle de la maison, et même si Aika n'était pas toujours emballée par cette idée, elle s'y pliait, de gré ou de force.
Ainsi, la jeune fille rejoint la foule, accompagnée de sa créature, et se dirigea vers les différents marchants, sa liste à la main.
Quelques minutes plus tard, elle s'essuya le front ; quand une fumée noire, au loin, envahit étrangement le ciel.
La foule s'affola.
C'était mauvais, particulièrement effrayant. Et, sans nul doute, un drame quelconque s'était produit.
Traversant le monde qui courait dans chaque sens, Aika se mis à avancer à grand pas vers ces épais nuages, alors que chacun prenait le sens inverse et fuyait. Et plus elle avançait, plus une odeur de bois brulé se faisait sentir : la partie ouest du village brulait, l'endroit où elle vivait.
Aika : Maman... !
Une silhouette, sombre et floue, au loin, était perceptible. Il s'agissait sans nul doute d'un homme, grand et assez imposant. Il dégageait une aura aussi noire que troublante, une chaleur étouffante, l'air d'une vengeance sanglante. Cela en était même particulièrement terrifiant, surtout pour une enfant.
... : Te voilà enfin !
Pooky : Aika, vite !
Aika : Mais...
Pooky : Discutes pas, cours !
... : Tu ne m'échapperas pas. Si je ne t'attrape pas aujourd'hui, alors je t'attraperai demain.
Aika : C'est qui celui là ?
Pooky : J'en sais rien, mais c'est après toi qu'il en a.
Immédiatement, la fillette se tut.
Elle s'était cachée dans une étroite allée, derrière un amas de détritus qui la rendait malodorante et répugnante. Et, ses mains posées sur la tête, totalement effrayée, elle retint son souffle et se fit presque invisible.
... : Tu ne fais qu'aggraver ton cas, gamine. Je te retrouverai, crois-moi !
Aika : Il est... ?
Pooky : Oui, il n'est plus là.
Les larmes aux yeux, Aika regarda de droite à gauche et courut vers son domicile dans lequel elle entra. Devant ses yeux, un spectacle effroyable et choquant.
Une marre de sang inondait joyeusement le sol qui l'absorbait, s'en teintant alors. Quand à sa mère...
Aika : C'est... impossible... Non... Non !
Elle gisait dans cette fameuse marre, sans vie, la peau décolorée, clouée au sol, mutilée, brulée...
A cet instant, rien n'était plus éc½urant. Et la fille, sans voix, versa une larme et courut hors de sa maison en hurlant, pour à jamais disparaître...
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